mercredi 8 septembre 2010

IC III iv 12

Itanos — IVe s. av. J.-C. (datation paléographique de Guarducci)

Πολυξενίδας Ἀθαναίαι
εὐξάμενος.
(texte recopié depuis http://epigraphy.packhum.org/inscriptions/main)

Polyxenidas (a offert ceci) à Athéna parce qu’il en avait fait le voeu
(traduction provisoire ADH)

Base pour une statue ou une autre offrande consacrée à Athéna en remerciement d’un voeu exaucé.

IC III iv 11

Itanos — IVe s. av. J.-C. (datation paléographique de M. Guarducci)

(Editions antérieures : Michel 1181 ; Syll3 1264)


Πάτρων Διὶ
Ἐπ[ο]ψί[ω]ι
ἀνέ[θ]ηκε.
τροπα[ὶ] χει-
(5) μεριναί.
εἴ τινι τού-
των ∶ ἐπιμε-
λές ∶ κ<α>τὰ
τὴν ∶ χοι-
(10) ράδα ∶ τὴν
μικρὰν
καὶ τὴν στή-
λην ∶ ὁ ἥλιος
(14) τρέπεται.

(texte recopié depuis http://epigraphy.packhum.org/inscriptions/main)

Patrôn a dédié ceci à Zeus Epopsios. Solstice d’hiver. Si c’est intéressant pour quelqu’un, le soleil apparaît au bout de la ligne joignant l’île du Porcelet et la stèle.

(traduction provisoire ADH)

La pierre, trouvée à Itanos, fait maintenant partie d'une petite maison. Largeur: 23 cm; hauteur: 1oo cm.
La stèle permettait de localiser le lever du soleil au moment du solstice d'hiver, en traçant vers l'horizon une ligne imaginaire partant de la stèle et passant par un îlot appelé "le petit pourceau".

Patrôn est un nom de personne (pas un patron, comme on peut le voir sur certains sites internet inspirés de l'article Wikipedia Archaeoastrometry); il est surprenant que l'inscription ne donne pas son patronyme. C’est un hasard, mais il se fait que Patrôn est le nom du père de Patroklos, le chef de la garnison lagide d’Itanos.

Zeus Epopsios : epopsios signifie « qui voit d’en haut »

R. F. Willetts, Cretan Cults and Festivals, p. 238

"le petit pourceau" : les exemples de LSJ montrent que le nom est courant pour les petits ilôts.

M. Guarducci imagine, assez raisonnablement, que Patrôn avait dédié une autre stèle au solstice d’été.

Cook, Zeus. A Study in Ancient Religion II (Cambridge, 1925) p. 1130 n. 7:

“A stone pillar (…), found on the site of Itanos [Erimopoli) in E. Crete and now serving as a lintel in a cottage near the lighthouse on Capo Sidero, bears the following inscription in letters (…). The original position of the pillar was such that a line drawn from it to a certain small rock visible at sea, and prolonged thence to the horizon, would mark the precise spot where the sun rose at the winter solstice. Halbherr ad loc. cp. schol. Aristoph. av. 997 (…). The rosette or star, which figures so frequently on coins of Itanos (J. N. Svoronos Numisniatique de la Crete ancienne Macon 1890 i. 201 ff. pi. 18, 21 ff., pi. 19, 5, 16, 19, 22 f., 25 ff., id. in the Bull. Corr. Hell. 1894 xviii. 115, 117 f., Brit. Mus. Cat. Coins Crete etc. p. 51 f. pi. 12, 6ff., pi. 13, 4, 7 f., Babelon Monn. gr. rom. ii. 3. 895 ff. pi. 244, i ff., 20, pi. 245, 3, 7ff., Anson Num. Gr. vi. 11 no. 114 pi. i. Head Hist, num.'^ p. 469 f ), was in all probability a solar symbol. And Zeus on Cretan soil tended to become a sun-god [supra i. 545 ff.). "
M. Guarducci n'est pas convaincue par le commentaire numismatique de Cook.

L’inscription est traduite et discutée dans Isager, S. and Skydsgaard, J.E. (1992), Ancient Greek Agriculture. Routledge. ISBN 0-415-00164-1., p. 163
Voici la traduction anglaise de l'inscription: “Patron set this up for Zeus Epopsios. Winter solstice. Should anyone wish to know: off ‘The little pig’ and the stele the sun turns.’”


On trouvera une intéressante petite discussion ici: http://alunsalt.com/2007/08/23/observing-the-solstice-in-ancient-greece/

IC III iv 8

Itanos — début du IIIe s. av. J.-C. (datation paléographique de M. Guarducci)

(Editions antérieures dans un corpus: Michel 1317 ; Syll3 526)

[θε]ὸς ἀγαθός./ [τά]δ̣ε ὤμοσαν τοὶ Ἰτάνιοι πά[ν/τες] Δία Δικταῖον καὶ Ἥραν καὶ θ/[εο]ὺς τοὺς ἐν Δίκται καὶ Ἀθαν//(5)[α]ίαν Πολιάδα καὶ θεοὺς ὅσσο[ι/ς] ἐν Ἀθαναίαι θύεται πά̣ντας/ [κ]αὶ Δία Ἀγοραῖον καὶ Ἀπόλλω/[ν]α̣ Πύθιον καθ’ ἱερῶν νεοκαύ/[τ]ων· πόλιν τὰν Ἰτανίων οὐ πρ[ο//(10)δ]ωσέω, οὐδὲ χώραν οὐδὲ νά/[σ]ου[ς] τ̣ὰς τῶν [Ἰ]τ̣ανίων, οὐδὲ/ [πολ]ε̣μ̣ίους ἐπαξέω, οὐδὲ ναῦ[ς/ τὰς] τ̣ῶν Ἰτανίων προδωσέω,/ [οὐδὲ] τῶν πολιτᾶν προδωσέω//(15) [οὐδέν]α, οὐδὲ χρήματα πολιτ/[ᾶν, ο]ὐδ̣ὲ σύλλογον οὐδὲ συνωμο/[σίαν] ποιησέω ἐπὶ τῶι κακίονι τ[ᾶ/ς πόλ]ιος ἢ τῶν πολιτᾶν, οὐδὲ ἄλ/[λω]ι̣ συ̣νεσσέ̣ομαι οὐδενί, αἴ τί[ς]//(20) [κα χ]ρήιζηι τούτων τ[ι π]οιεῖν, ἀλ̣/[λ’] ἐρέω ποτὶ τοὺς ἄρχοντας· οὐ/[δὲ γᾶς] ἀναδασμὸν οὐδὲ οἰκιᾶν/ [οὐδὲ] ο̣ἰκοπέδων, οὐδὲ χρεῶν ἀ/[ποκ]ο̣π̣ὰν ποιησέω, οὐδὲ δίκαν ἐ//(25)[παξέ]ω ξε̣νικὰν̣ τῶν πολιτᾶν̣/ [οὐδε]ν̣ὶ ἐριθεοτ̣ὰ̣ν παρεορέσι οὐ̣/[δεμι]ᾶι. οὐδ̣ὲ βουλευσέω περὶ τᾶ̣/[ς πόλ]ιος κακὸν οὐδέν, πολιτεο/[σέομ]αι δὲ ἐπ’ ἴσαι καὶ ὁμοίαι κα̣ὶ θί[ν//(30)ων κ]αὶ ἀνθρωπίνων πάντων κα̣/[τὰ τ]οὺς νόμους τοὺς προϋπά̣/[ρχ]οντας ὅσσοις χρεώμεθα πε[ρὶ/ τὰ] θῖνα καὶ τοὺς νῦν ἐθέμεθα κ[αἴ/ κά] τινας ἄλλους ὕστερον θεώ//(35)[μ]ε̣θα ἢ πε[ρὶ τὰ ․․․․] ἢ περὶ τὰ πολ[ι/τι]κ̣ά· καὶ ο<ὐ> πρ[ολειψέ]ω̣ τ̣ὰν πολιτε[ί]/α̣ν̣ οὔτε ἐ[ν πολέ]μ̣ω̣ι̣ οὔτε ἐν εἰ[ρ]/ή̣ναι κατὰ τὸ δ[υν]α̣τόν. τοῖς δ’ ε[ὐ]/ορκέο̄σι καὶ κ̣α̣τ̣έχουσι τὸν [ὅρ//(40)κο]ν τέκνων ὄνασ[ι]ν γίνεσθ[αι/ κ]αὶ γᾶν ἔνκ̣α̣ρπ̣ο[ν] φ̣[έρ]ειν καὶ̣ [πρ/ό]βατα εὐθην̣[εῖ]ν̣ κ̣α[ὶ ἄλλ]α πολ̣[λ]/ὰ̣ καὶ ἀγαθὰ [γίνε]σ̣θαι̣ [κα]ὶ αὐτῶ[ι/ κ]αὶ τοῖς τέκνο[ις], τοῖς δὲ ἐπιορκέ//(45)[ο̄]σι μήτε γᾶν φέρειν μήτε τέκν/[ω]ν ὄνα̣σιν γίνεσθαι μήτε πρό/[βα]τα εὐθηνεῖν, ἐξόλλυσθαι δὲ̣/ [κα]κῶς κακοὺς καὶ αὐτοὺς καὶ γ/[εν]ε̣ὰν αὐτῶν.

(recopié en modifiant la mise en page depuis http://epigraphy.packhum.org/inscriptions/main)

Dieu bon. Voici ce que jurent tous les citoyens d’Itanos par Zeus Diktaios, par Héra et les dieux du Diktée, par Athéna Poliade et tous les dieux auxquels on sacrifie dans l’Athénaion, par Zeus de l’agora, par Apollon Pythien, sur des victimes fraichement brûlées : « je n’abandonnerai pas la cité d’Itanos, ni son territoire, ni les îles des Itaniens et je n’y ferai pas entrer d’ennemis ; je n’abandonnerai pas les navires des Itaniens ; je n’abandonnerai aucun de mes concitoyens ni l’argent des citoyens ; je ne convoquerai pas une assemblée ni ne mènerai un parti pour endommager la cité ou ses citoyens ; je ne m’associerai à personne si quelqu’un désire faire une de ces choses mais je le dénoncerai aux magistrats ; je ne ferai pas une redistribution de la terre, ni des maisons, ni du cadastre bâti, ni une annulation des dettes ; je n’intenterai pas un procès de nationalité (?) contre un de mes concitoyens ni un procès en corruption sous aucun prétexte. Je ne machinerai pas contre la cité et j’agirai en citoyen pour l’équité et l’égalité, pour toutes les choses divines et humaines selon les lois existantes qui concernent les affaires divines, selon les lois que nous avons faites maintenant et, éventuellemnent, selon les lois que nous reviserons dans le futur au sujet de ... et des affaires de la cité ; je n’abandonnerai pas mes responsabilités civiques ni en temps de guerre ni en temps de paix dans la mesure de mes forces. Pour ceux qui jurent sincèrement et respectent le serment, qu’il y ait le plaisir d’avoir des enfants, que la terre soit fertile, que les troupeaux se multiplient, et que beaucoup d’autres bonnes choses leur arrivent, à eux et à leurs enfants, mais pour les parjures, que la terre ne porte rien, qu’ils n’aient pas d’enfant, que leurs troupeaux ne se multiplient pas, qu’ils meurent misérablement, les misérables eux-mêmes et toute leur famille. »

Traduction provisoire, à vérifier ADH

Traduction anglaise par M.M. Austin (en bas de la page):


Pour un premier commentaire:


et la suite ici:]

lundi 30 août 2010

IC III iv 7

Itanos — début du IIIe s. av. J.-C. (datation paléographique)
(la provenance de la stèle est inconnue : sa géologie et son texte permettent de l’attribuer à Itanos)

[— — — — — — — — — — — — τᾶι βουλᾶι]
(1) [καὶ τᾶι ἐ]κκλησίαι ε[— — — — — — — ὅρ]-
[κον τελ]ιόντω τοὶ ἄ[ρχοντ]ε̣ς̣ σ̣ὺν τοῖ[ς ἱε]-
[ρεῦσ]ι, ἐπαράσθων δὲ̣ κ̣αὶ τοὶ ἱερεῖς ὅσ[τι]-
[ς πα]ραβαίνοι τὸν ὅρκον τόνδε μήτε
(5) [τέ]κνων ὄνασιν αὐτῶι γίνεσθαι, ἐξόλ-
[λυ]σθαι δὲ κακῶς κακοὺς καὶ αὐτοὺς κα[ὶ]
γενεὰν αὐτῶν· τοῖς δὲ κατέχουσι τὸν
ὅρκον πολλὰ καὶ ἀγαθὰ γίνεσθαι. ὅστις δ[έ]
κ̣α μὴ παραγένηται τῶι ὅρκωι τελεομ[έ]-
(10) νωι ἐξορκιζόντω αὐτοὺς τοὶ τόκα ἄρχ̣-
οντες ἐν ἁμέραις δέκα ἀφ’ ἇς κα ἔλθηι το-
ῖ̣ς αὐτοῖς ὁρκίοις οἷσπερ ὤμνυον τοὶ ἐπί-
δαμοι, καὶ ἀνγραψάντω ἐλ λεύκωμα τοὺς̣
ὠμόσαντας πατρι[α]στὶ καὶ καταθέντω ἐς
(15) Πύθιον, ἐχόντω δὲ καὶ αὐτοὶ ἀντίγραφ-
α. αἰ δέ κα μὴ ὁρκώσωντι τοὶ τόκα ἄρχο-
ντες ἢ τὰν ἀρὰν μὴ ποιήσωντι ἐν τῶι χ-
ρόνωι τῶι γεγραμμένωι, ἀποτεισάντ-
ω ἕκαστος τῶν τόκα ἀρχόντων ἑκατ-
(20) ὸν δραχμὰς τᾶι πόλει, φαινέτω δὲ ὁ χ-
ρήιζων ἐς τοὺς λογιστὰς, τοὶ δὲ πρά-
κτορες ἐκπράξαντες παραδόντω
τῶι κόσμωι τῶι ἐφέρποντι. εἰ δέ κα μὴ
ἐκπράξωντι, αὐτοὶ ἀποτεισάντω διπ-
(25) λοῦν. ὃς δέ κα ἐπίδαμος ἐὼν τῶν πολ-
ιτᾶν μὴ λῆι ὀμόσαι μὴ ἔστω πολίτας
ἀλλὰ ἐργέσθω καὶ θίνων καὶ ἀνθρωπίν-
ων. ἐπεὶ δέ κα ὁ ὅρκος τελεσθῆι, τοὶ ἄρχ-
οντες ἀνγράψαντες τὸν ὅρκον ἐστ-
(30) άλας δύο θέντω τὰμ μὲν πρὸ το̑ Πυθ-
[ίο̄] τὰν δὲ ἐν τῶι Ἀσκλαπιαίωι. ἀρχέτ-
ω δὲ ὁ ὅρκος ἐπὶ τοῦ νῦν κόσμο̄, τοὺς δ-
ὲ πολίτας πάντας ἀπογράψασθαι πρὸ το̑
ὅρκο̄ πατριαστὶ ποτὶ τοὺς κοσμητῆρ-
(35) vac. ας.
(texte recopié depuis http://epigraphy.packhum.org/inscriptions/main)

--- le Conseil et l’Assemblée --- que les magistrats fassent appliquer le serment avec les prêtres, et que les prêtres maudissent quiconque enfreint ce serment en menaçant de ne pas avoir la jouissance d’avoir des enfants et que les misérables seront exterminés misérablement, eux et leur descendance ; mais ceux qui respectent le serment, qu’ils connaissent de nombreux bonheurs. Si quelqu’un n’est pas présent quand le serment est prononcé, que les magistrats du moment lui fassent prêter serment dans les dix jours après son arrivée et qu’ils écrivent sur un panneau blanc avec leur père le nom de ceux qui ont juré, et qu’ils déposent ce panneau au Pythion, en gardant eux-mêmes une copie. Si les magistrats du moment ne font pas prêter serment ou qu’ils ne font pas le dépôt du panneau dans le temps défini, que chacun des magistrats du moment paye 100 drachmes à la cité, que celui qui le souhaite se présente devant les comptables publics, que les percepteurs publics qui ont perçu la somme la remettent au futur cosme. S’ils ne recueillent pas la somme, qu’ils en payent eux-mêmes le double. S’il se trouve qu’un citoyen présent n’a pas juré, qu’il ne soit plus citoyen et qu’il soit exclu des affaires religieuses et humaines. Une fois que le serment aura été prononcé, que les magistrats fassent graver le serment sur deux stèles et qu’ils en déposent une au Pythion, l’autre à l’Asklepeion. Que le serment prenne valeur sous le cosme actuel, que les cosmes prennent note de tous les citoyens avant le serment.

(traduction provisoire ADH)

Fin d’un décret à propos d’un serment que tous les citoyens d’Itanos doivent jurer.
Les clauses conservées concernent :
- les malédictions destinées aux parjures,
- des provisions pour les citoyens absents d’Itanos au moment du serment collectif,
- le châtiment (les amendes) des magistrats qui ne respectent pas ces provisions,
- la publicité et la survie éternelle par la gravure sur pierre du serment,
- le moment de son entrée en vigueur

J’ignore si ce serment était une procédure régulière de la cité ou s’il a été motivé par des circonstances exceptionnelles, des événements particuliers, comme, par exemple, une grave division du corps civique d’Itanos.

mercredi 25 août 2010

IC III iv 6 ou Chaniotis, Verträge 20

Itanos — IIIe s. av. J.-C. (datation paléographique de Guarducci) (Chaniotis [non vidi] date l’inscription de la fin du IIIe s. av. J.-C.)

[— — —]δ̣οξ̣[— — — — — — — — — — — — — — — — — — — —]
[— —] πόλι· ἰσπολιτείαν̣ ε̣[ἶναι ἐν Ἱαραπύτναι τῶι Ἰτανίωι με-
[τέ]χοντι θείων τε καὶ ἀνθ[ρωπίνων, εἶν]αι αὐτὰ δὲ καὶ τ̣[ῶι Ἱαραπυτ]-
[νί]ωι ἐν Ἰτάνωι μετέχοντι θε[ίων τε] καὶ ἀνθρωπίνων· ὅ τι δέ̣ κ̣α δό[ξηι]
5 [ταῖς] πόλεσι κοινᾶι ἐς τὰν συνθήκαν τάνδε ἐνγράψαι ἢ ἐξελε̑ν, [ὅ τι]
[μ]έ̣ν κα ἐξέλωμεν μὴ ἔναρον ἔστω μηδὲ ἔνορκον, ὅ τι δέ κ̣α̣ ἐν[γ]-
ράψομεν ἔναρόν τε καὶ ἔνορκον ἔστω.
ἄρχει τᾶς συνθήκας ἐμ μὲν Ἰτάνωι ἐπὶ κοσμητή-
[ρ]ων Πεισάνδρου, Χαριδάμου, Ἀρχεμηνίδα, Κανακο-
10 [․]ου, Φείδωνος, ἐν δὲ Ἱαραπύτναι ἐπὶ κοσμητήρων
[․]αυσίλω, Σαμαγόρα, Κυδικλέος, Μενεσθένεος, Μ̣ενία̣.

(texte recopié depuis http://epigraphy.packhum.org/inscriptions/main)

Voici l’édition du texte par Chaniotis (à cause de la photo, je suis Guarducci et corrige l’antépénultième lettre de la l. 9), que je traduis ci-dessous:

[τάδε ἔ]δ̣οξ̣[εν — — — — — — — — — — — — — — — — — — — — —]
[τᾶι] πόλι. ἰσοπολιτείαν̣ ε[ἶναι ἐν μὲν Ἱαραπύτναι τῶι Ἰτανίωι με]-
[τέ]χοντι θείων τε καὶ ἀνθ[ρωπίνων, κατ]ὰ ταὐτὰ δὲ καὶ τ̣[ῶι Ἱαραπυτ]-
[νί]ωι ἐν Ἰτάνωι μετέχοντι θε[ίων τε] καὶ ἀνθρωπίνων. ὅ τι δέ κα δό[ξηι]
5 [ταῖς] πόλεσι κοινᾶι ἐς τὰν συνθήκαν τάνδε ἐνγράψαι ἢ ἐξελε̑ν, [ὅ τι]
[μ]έν κα ἐξέλωμεν μὴ ἔναρον ἔστω μηδὲ ἔνορκον, ὅ τι δέ κ̣α̣ ἐν[γ]-
ράψομεν ἔναρόν τε καὶ ἔνορκον ἔστω.
ἄρχει τᾶς συνθήκας ἐμ μὲν Ἰτάνωι ἐπὶ κοσμητή[ρ]-
ων Πεισάνδρου, Χαριδάμου, Ἀρχεμηνίδα, Καινακο-
10 [․]ου, Φείδωνος, ἐν δὲ Ἱαραπύτναι ἐπὶ κοσμητήρων
[Κ]αυσίλω, Σαμαγόρα, Κυδικλέος, Μενεσθένεος, Μ̣ενια̣.

(texte recopié depuis http://epigraphy.packhum.org/inscriptions/main)

--- il a été décidé --- Qu’il y ait l’isopolitie à Hierapytna pour le citoyen d’Itanos qui participe aux affaires divines et humaines, et de la même façon pour le citoyen de Hierapytna qui participe aux choses divines et humaines à Itanos. Que ce qui a été décidé en commun par les cités soit écrit dans ce traité ou rejeté ; ce que nous rejetons ne sera pas sujet à malédiction ni soumis à un serment ; ce que nous inscrivons dans la pierre/ dans le traité (?) sera sujet à malédiction et soumis à un serment.
On commence le traité à Itanos sous les cosmes Peisandros, Charidamos, Archemènidas, Kainako.os, Pheidôn, et à Hierapytna sous les cosmes Kausilas, Samagoras, Kudikleus, Menesthenès, Menias.

(traduction provisoire ADH)

Fin d’un traité d’isopolitie entre Itanos et Hierapytna

jeudi 19 août 2010

IC III iv 5 (ou Chaniotis, Verträge 19)


Itanos — IIIe s. av. J.-C. (datation paléographique avec grande marge d'erreur)
[— — — — — — — — — — — — —]
1 [․․]․οσ[— — — — — — — — — —]
[․․․]σωτ[— — — — — — — — — —]
[․․]․ι παν[— — — — — — — — —]
[․․] καὶ κατὰ [— — — — — — — —]
5 [․․]υθησομ[— — — — — — — — —]
[․]․ μὴ κοινᾶι ․[— — — — — — —]
[․]ων καὶ τᾶι τ̣[— — — — — — Πτο]-
[λ]εμαῖος ἀλλ̣[— — — — — — — —]
[ε]ὔνους τὸν [— — — — — — — —]
10 [τ]ο̣ῖς Ἱαραπυτ[νίοις — — — — — —]
․ις καὶ ἀδόλ[ως — — οὔτε ἐν πολέ]-
μ̣ωι οὔτε ἐν ἰρή[ναι — — — — — —]
[τ]οῖς ὅρκοις· εἰ δ[ὲ — — — — — —]
[τ]έ̣κ̣νων ὄνασ[ιν — — — — — — —]
15 [— — — — — — — — — — — — — —]


(texte recopié depuis http://epigraphy.packhum.org/inscriptions/main)

« --- en commun --- Ptolémée --- bienveillant --- les Hierapytniens --- sans fraude --- en temps de guerre et en temps de paix --- les serments --- la satisfaction d'avoir des enfants ---»

(tentative de traduction ADH)

Le texte est tellement fragmentaire qu’il est vain, à mon avis, pour la plupart des lignes de proposer des restitutions (en plus, la photo de la pierre en IC p. 85 ne permet pas de confirmer que la l. 12 commence bien avec μ̣) .

De ce fragment, il ressort qu’un roi Ptolémée s’est engagé à faire quelque chose en rapport avec Hierapytna et Itanos, et il y a eu réciprocité au moins de la part d’Itanos, comme l’inscription y a été trouvée et comme il existe d'autres documents de cette relation. En ce qui concerne Hierapytna, l’état de l’inscription ne permet pas d’affirmer avec certitude si elle faisait part de l’association Ptolémée-Itanos (comme semblent le penser Chaniotis et Guarducci) ou en était la cause et l’ennemie.

Je présente ci-dessous l’édition de Chaniotis pour être complet, sans traduction.
Chaniotis, Verträge 19 (non vidi)

ca. 219-204 av. J.-C. (j’ignore la raison de cette datation plus précise que celle de Guarducci)

[․․․․]․ΟΣ[— — — — — — — — — — — — — —]/[․․․]Σ̣ΩΤ․[— — — — — — — — — — — — — — — — — — —]/[․․․]Σ̣ΙΠΑΝ[— — — — — — — — — — — — — — — — —καὶ κατὰ]/[γᾶν] καὶ κατὰ [θάλασσαν· ὅρκον δὲ ἄλλον τούτου κυριώτερον]//5 [ο]ὐ θήσομ[αι οὐδὲ σπονδὰς ἄξω οὐδὲ ἰρήναν θήσομαι(?), αἴ]/ [κ]α̣ μὴ κοινᾶι σ̣[υνδόξηι ταῖς πόλεσι ἀμφοτέραις τᾶι τε τῶν Ἰτα]/[νί]ων καὶ τᾶι τ̣[ῶν Ἱαραπυτνίων καὶ συνευδοκήσηι(?) βασιλεὺς Πτο]/[λ]εμαῖος ΑΛΛ̣[— — — — — — — — — — — — — — ἔσομαι δὲ]/[ε]ὔνους τὸν [ἅπαντα χρόνον τοῖς Ἱαραπυτνίοις καὶ βοαθήσω]//10 [τ]ο̣ῖς Ἱαραπυτ[νίοις— — — — — — — — — — — — — — — — — — — — ἁπλό]/<ω>ς καὶ ἀδόλ[ως ἐς τὸ δυνατὸν καὶ οὐ προλειψίω οὔτε ἐν πολέ]/μ̣ω̣ι οὔτε ἐν ἰρή[ναι, ἀλλὰ ἐμμενῶ ἐν τᾶι συμμαχίαι καὶ]/[τ]οῖς ὅρκοις· εἰ δ[ὲ εὐορκίοιμι καὶ τοὺς ὅρκους κατέχοιμι]/ [τ]έ̣κ̣νων ὄνασ[ιν γίνεσθαι καὶ γᾶν φέρειν καὶ πρόβατα εὐθη]//15[νεῖν καὶ ἄλλα πολλὰ καὶ ἀγαθὰ γίνεσθαι].

exempli gratia
1 [․․]․ΟΣ[— — — — — — — — — — — — ἦ μὰν ἐγὼ συμμα]/[χη]σῶ το[ῖς Ἱαραπυτνίοις καὶ βοαθήσω τοῖς Ἱαραπυτνίοις]/ [σύμπα(?)]σ̣ι παν[τὶ σθένει ἁπλόως καὶ ἀδόλως ἐς τὸ δυνατὸν καὶ κατὰ]/ [γᾶν] καὶ κατὰ [θάλασσαν {²κτλ.}²]

(texte recopié en modifiant la mise en page depuis http://epigraphy.packhum.org/inscriptions/main)

mercredi 18 août 2010

IC III iv 4



(photo d'un estampage conservé au CSAD d’Oxford)



Itanos — peu après 246 av. J.-C.

ἀγαθᾶι τύχαι· ἐπειδὴ βασιλεὺς Πτολεμαῖος/ παραλαβὼν τὰν τῶν Ἰτανίων πόλιν καὶ πολίτας/ παρὰ τῶ πατρὸς βασιλέως Πτολεμαίω καὶ τῶν/ προγόνων, καλῶς καὶ ἐνδόξως εὐεργετῶν//5 διατελεῖ καὶ διαφυλάσσων μετ’ εὐνοίας ἐν οἷς/ παρέλαβε πολιτευομένος τοῖς αὐτῶν νόμοις,/ ἔδοξε τᾶι βουλᾶι καὶ τᾶι ἐκκλησίαι· ἱαρὸν τέμενος/ ἱδρύσασθαι τὸν παράδισον τὸν πρὸς τᾶι πύλαι/ βασιλέως Πτολεμαίου καὶ βασιλίσσας Βερενίκας//10 τᾶς τῶ βασιλέως Πτολεμαίω ἀδελφᾶς καὶ γυναικός·/ θύσει δὲ ἁ πόλις κατ’ ἐνιαυτὸν τοῖς γενεθλίοις/ βασιλεῖ Πτολεμαίωι καὶ βασιλίσσαι Βερενίκαι/ καὶ δρόμον συντελέσοντι ∶ τὸ δὲ ψάφισμα/ τόδε οἱ κοσμητῆρες οἱ μετὰ Σωτηρίω γράψαντες//15 ἐς στάλαν λιθίναν ἀναθέντων ἐς τὸ ἱαρὸν τᾶς/ Ἀθάνας τᾶς Πολιάδος· τὸ δὲ ἀνάλωμα ἦμεν/ [ἀπὸ τῶ]ν̣ ποθόδων τᾶς πόλιος./ vacat

(texte recopié en modifiant la mise en page depuis http://epigraphy.packhum.org/inscriptions/main)

A la bonne Fortune. Puisque le roi Ptolémée (III Evergète), qui a reçu la cité d’Itanos et ses citoyens de son père le roi Ptolémée (II Philadelphe) et de ses ancêtres, n’a pas cessé de faire le bien de façon belle et glorieuse et qu’il a veillé avec bienveillance à ce que ceux qu’il a reçus gèrent leurs affaires publiques selon leurs propres lois, le Conseil et l’Assemblée ont décidé de faire du jardin près de la porte un terrain sacré pour la roi Ptolémée (III Evergète) et la reine Bérénice, soeur et épouse du roi Ptolémée (III Evergète); la cité organisera un sacrifice en l’honneur du roi Ptolémée et de la reine Bérénice chaque année, le jour anniversaire (du roi), et elle financera une course. Que les cosmes présidés par Sôterios fassent graver ce décret sur une stèle de pierre et qu’ils la déposent au sanctuaire d’Athéna Poliade. La dépense se fera sur les revenus publics de la cité.
(traduction à affiner ADH)

On ne connait pas la signification exacte de παραλαβὼν (recevoir, hériter) et de la nature institutionnelle précise des relations entre Itanos et les rois lagides.
En outre la mention τῶν προγόνων, des « ancêtres » de Ptolémée III est curieuse puisqu’il semble qu’une garnison lagide ne se soit installée à Itanos que sous Ptolémée II, et pas avant.