(texte recopié en modifiant la mise en page depuis http://epigraphy.packhum.org/inscriptions/main)
A la bonne Fortune. Puisque le roi Ptolémée (III Evergète), qui a reçu la cité d’Itanos et ses citoyens de son père le roi Ptolémée (II Philadelphe) et de ses ancêtres, n’a pas cessé de faire le bien de façon belle et glorieuse et qu’il a veillé avec bienveillance à ce que ceux qu’il a reçus gèrent leurs affaires publiques selon leurs propres lois, le Conseil et l’Assemblée ont décidé de faire du jardin près de la porte un terrain sacré pour la roi Ptolémée (III Evergète) et la reine Bérénice, soeur et épouse du roi Ptolémée (III Evergète); la cité organisera un sacrifice en l’honneur du roi Ptolémée et de la reine Bérénice chaque année, le jour anniversaire (du roi), et elle financera une course. Que les cosmes présidés par Sôterios fassent graver ce décret sur une stèle de pierre et qu’ils la déposent au sanctuaire d’Athéna Poliade. La dépense se fera sur les revenus publics de la cité.
(traduction à affiner ADH)
On ne connait pas la signification exacte de παραλαβὼν (recevoir, hériter) et de la nature institutionnelle précise des relations entre Itanos et les rois lagides.
En outre la mention τῶν προγόνων, des « ancêtres » de Ptolémée III est curieuse puisqu’il semble qu’une garnison lagide ne se soit installée à Itanos que sous Ptolémée II, et pas avant.
(texte recopié, en modifiant la mise en page, depuis http://epigraphy.packhum.org/inscriptions/main)
A
… ] de Hierapytna […
B
---] qu'après avoir disposé des ses propres biens de part et d’autre, chacun (Hyerapytnien ou Praisien) soit inscrit dans une tribu, et qu’ainsi il soit citoyen et prenne part à toutes les affaires divines ou humaines, après avoir demandé la permission à sa propre cité ; si quelqu’un vient pour être citoyen de l’une ou l’autre cité, qu’on décide par vote à l’assemblée souveraine s’il convient que la citoyenneté lui soit attribuée ou non ; si par hasard trois votes sont contre, qu’il ne soit pas citoyen. Qu’un citoyen de Hierapytna ait le droit de pâture à Praisos, sauf dans les terrains sacrés à Ardanitos et à Daros, et qu’un citoyen de Praisos ait droit de pâture à Hierapytna, que l’un et l’autre rentrent dans leur propre cité sans dommage. Si un citoyen de Hierapytna installe un troupeau à Praisos, qu’il recoive un juge de Praisos ; de même, si un citoyen de Praisos installe un troupeau à Hierapytna, qu’il recoive un juge de Hierapytna. Que les danses et les courses soient ouvertes de part et d’autre, aux citoyens de Hierapytna à Praisos, aux citoyens de Praisos à Hierapytna.
(traduction, à affiner, ADH)
Texte réédité dans Chaniotis, Verträge 5
Traité entre les cités de Hierapytna et Praisos.
Il est probable que la stèle sur laquelle le texte a été gravé était visible dans un sanctuaire d’Itanos. Comme le texte a été retrouvé à Itanos, on peut formuler trois hypothèses :
1. Le traité concernait aussi Itanos
2. Itanos jouait un rôle de garant ou d’intercesseur entre les deux autres cités
3. La pierre a été déplacée et le traité ne concernait en rien Itanos, au moment de sa signature.
Sur la pratique de la transhumance des moutons en Crète, voir A. Chaniotis, “Milking the Mountains : Economic Activities on the Cretan Upland in the Classical and Hellenistic Period”, From Minoan Farmers to Roman Traders: Sidelights on the Economy of Ancient Crete éd. par A.C. (1999), p. 181-220, aux p. 198-205.
A. Chaniotis, ibid., a bien mis en valeur le dynamisme de Hierapytna dans la signature de plusieurs traités similaires avec d’autres cités ; cette activite diplomatique serait le symptome de l’accroissement démographique de la cité et de sa recherche de nouvelles sources de revenus pour affronter ses problèmes de population.