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Dieu bon. Voici ce que jurent tous les citoyens d’Itanos par Zeus Diktaios, par Héra et les dieux du Diktée, par Athéna Poliade et tous les dieux auxquels on sacrifie dans l’Athénaion, par Zeus de l’agora, par Apollon Pythien, sur des victimes fraichement brûlées : « je n’abandonnerai pas la cité d’Itanos, ni son territoire, ni les îles des Itaniens et je n’y ferai pas entrer d’ennemis ; je n’abandonnerai pas les navires des Itaniens ; je n’abandonnerai aucun de mes concitoyens ni l’argent des citoyens ; je ne convoquerai pas une assemblée ni ne mènerai un parti pour endommager la cité ou ses citoyens ; je ne m’associerai à personne si quelqu’un désire faire une de ces choses mais je le dénoncerai aux magistrats ; je ne ferai pas une redistribution de la terre, ni des maisons, ni du cadastre bâti, ni une annulation des dettes ; je n’intenterai pas un procès de nationalité (?) contre un de mes concitoyens ni un procès en corruption sous aucun prétexte. Je ne machinerai pas contre la cité et j’agirai en citoyen pour l’équité et l’égalité, pour toutes les choses divines et humaines selon les lois existantes qui concernent les affaires divines, selon les lois que nous avons faites maintenant et, éventuellemnent, selon les lois que nous reviserons dans le futur au sujet de ... et des affaires de la cité ; je n’abandonnerai pas mes responsabilités civiques ni en temps de guerre ni en temps de paix dans la mesure de mes forces. Pour ceux qui jurent sincèrement et respectent le serment, qu’il y ait le plaisir d’avoir des enfants, que la terre soit fertile, que les troupeaux se multiplient, et que beaucoup d’autres bonnes choses leur arrivent, à eux et à leurs enfants, mais pour les parjures, que la terre ne porte rien, qu’ils n’aient pas d’enfant, que leurs troupeaux ne se multiplient pas, qu’ils meurent misérablement, les misérables eux-mêmes et toute leur famille. »
Traduction provisoire, à vérifier ADH
Traduction anglaise par M.M. Austin (en bas de la page):
(texte recopié en modifiant la mise en page depuis http://epigraphy.packhum.org/inscriptions/main)
A la bonne Fortune. Puisque le roi Ptolémée (III Evergète), qui a reçu la cité d’Itanos et ses citoyens de son père le roi Ptolémée (II Philadelphe) et de ses ancêtres, n’a pas cessé de faire le bien de façon belle et glorieuse et qu’il a veillé avec bienveillance à ce que ceux qu’il a reçus gèrent leurs affaires publiques selon leurs propres lois, le Conseil et l’Assemblée ont décidé de faire du jardin près de la porte un terrain sacré pour la roi Ptolémée (III Evergète) et la reine Bérénice, soeur et épouse du roi Ptolémée (III Evergète); la cité organisera un sacrifice en l’honneur du roi Ptolémée et de la reine Bérénice chaque année, le jour anniversaire (du roi), et elle financera une course. Que les cosmes présidés par Sôterios fassent graver ce décret sur une stèle de pierre et qu’ils la déposent au sanctuaire d’Athéna Poliade. La dépense se fera sur les revenus publics de la cité.
(traduction à affiner ADH)
On ne connait pas la signification exacte de παραλαβὼν (recevoir, hériter) et de la nature institutionnelle précise des relations entre Itanos et les rois lagides.
En outre la mention τῶν προγόνων, des « ancêtres » de Ptolémée III est curieuse puisqu’il semble qu’une garnison lagide ne se soit installée à Itanos que sous Ptolémée II, et pas avant.
(texte recopié, en modifiant la mise en page, depuis http://epigraphy.packhum.org/inscriptions/main)
Dieu. Proposition du kosme (? du collège des kosmes ?). Décision du Conseil et de l’Assemblée d’Itanos. Puisque Patroklos, fils de Patrôn, envoyé par le roi Ptolémée (II Philadelphe) comme général en Crète, s’est révélé être un homme bon et juste pour la cité d’Itanos et qu’il a beaucoup collaboré avec les Itaniens pour que les affaires de la cité restent stables, les Itaniens gérant leurs affaires publiques dans le respect des lois, et pour qu’ils puissent utiliser le territoire comme pâturage en toute sécurité, les Itaniens ont décidé de faire de Patroklos leur proxène, leur évergète et leur citoyen, lui et sa descendance [---
(traduction ADH, à affiner)
IC III iv 3 Itanos — c. 266-262 av. J.-C. Edition antérieure dans un corpus: SEG II 512
(texte recopié, en modifiant la mise en page, depuis http://epigraphy.packhum.org/inscriptions/main)
Dieu. Proposition du kosme (? du collège des kosmes ?). Décision du Conseil et de l’Assemblée d’Itanos. Puisque Patroklos, fils de Patrôn, envoyé par le roi Ptolémée (II Philadelphe) comme général en Crète, s’est révélé être un homme bon et juste pour la cité d’Itanos et qu’il a beaucoup collaboré avec les Itaniens pour que les affaires de la cité restent stables, les Itaniens gérant leurs affaires publiques dans le respect des lois, et pour qu’ils puissent utiliser le territoire comme pâturage en toute sécurité, les Itaniens ont décidé de faire de Patroklos leur proxène, leur évergète et leur citoyen, lui et sa descendance, et qu’ils prennent part à toutes les affaires divines et humaines. Que les kosmes présidés par Aigon fassent graver cette proposition sur des stèles de pierre et qu’ils les exposent dans le sanctuaire d’Athéna et dans celui d’Asclépios.
Pour une analyse de la présence de Patroklos à Itanos, voir R.S. Bagnall, The administration of the Ptolemaic possessions outside Egypt (1976) p. 120-121
Bagnall pense que Patroklos a joué un rôle dans les relations entre Itanos et les cités voisines, mais, personnellement, je ne vois pas trace de cela dans ce document. J’y vois plutôt les craintes d’une communauté forcée d’accueillir une garnison militaire étrangère et son soulagement, réel ou prématuré on ne peut le dire, que la cité a pu garder ses institutions et un certain contrôle sur ses ressources agricoles.
Je me demande, après une première lecture de ces textes, si les deux sanctuaires, dans lesquels ont été déposées les deux copies de ce document, ne sont pas aussi les signes de cette division entre cité et garnison, un sanctuaire, celui d’Athéna, est celui de la cité, l’autre, celui d’Asclépios, serait celui de la garnison. (mais la mention du sanctuaire d’Asclépios dans le décret sur un serment civique, IC III iv 7, semble aller contre cette hypothèse)